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 Âme Errante [Quête]

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Selemba Impériale
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MessageSujet: Âme Errante [Quête]   Sam 3 Sep - 21:01


Ici les fantômes dansent. Formant un cercle d'enfer.




Ici les fantômes dansent. Formant un cercle d'enfer. Le centre de la ronde n'étant que des cadavres de bateaux en tout genre. Des vaisseaux aux mats dressés vers les cieux narguant les nuages, des sirènes sensées porter bonheur ornant la poupe, œuvres si finement sculptées qu'elles semblaient prêtes à s'animer, nymphes de bois n'étant attirées que par les chants des océans. Oui, ces fiers navires qui ont jadis fendus les flots. Il n'en reste que des carcasses de bois déchiquetées. Un cimetière de bateaux avec l'écume pour linceul. Et tout cadavre possède un meurtrier. Le temps. Le hasard. La maladresse. Mais il se peut aussi qu'il s'agisse d'une main malsaine. Et si cette main jouit en toute impunité des cris d'agonies, des souffrance et des bruits ou des frissons d'effroi qu'elle soulève, persévère dans ce chemin sanglant, un tueur en série nait. Un fléau. Gratuit ou justifié. Prémédité ou victime de pulsions. Qui sait ? Toujours est-il qu'un jour les victimes se réveille. Et il est temps pour le chasseur de surveiller ses arrière. Les proies ne sont innocentes que dans leur sommeil. Et toi, Fléau, tu as eu l'idiotie de le troubler. Prend garde. Les prédateurs arpentent tes horizons. La rédemption est un sentier que tu as dépassé depuis bien trop longtemps.

L'Ombre s'approcha d'un morceau de bois pitoyablement rejeté sur la plage de sable, caressée par l'eau d'une tinte pourpre qu'elle connaissait bien. Elle le saisit entre ses doigts délicats puis le rejeta, le jugeant surement dénué d'intérêt. Sa chevelure d'encre caressa le sable quand elle s'accroupit en contemplant la petite mort des vagues venant s'échouer là. Selemba releva enfin son sublime visage vers le large. Ses yeux vairons glissèrent sur l'horizon écarlate. Avec un élan de nostalgie elle se souvint de la première fois qu'elle était venue ici. Elle avait admiré les mouvements lents et gracieux des remouds avant de désespérer et d'enfin croiser Saladin. Saladin... on pouvait dire que le bel Harmonien avait sublimé sa soirée, qui s'annonçait si morne, autant qu'elle avait sublimé la sienne. Avec un frisson de plaisir elle vit quelques images défiler dans son esprit avant que la réalité ne les chasse. Elle se redressa d'un mouvement fluide, le mouvement d'un prédateur. Discret et implacable. Comme bien souvent elle n'était pas venue pour le tourisme. Ni par nostalgie. Des rumeurs couraient. Toutes les embarcations prenant le large disparaissaient pour ne jamais revenir. Toutes sans exceptions. Pas de tempête. Pas de monstre gigantesque. Seulement deux indices. Le Navire Fantôme qui allait et venait impunément et une jeune fille fantomatique qui apparaît sur la côte, fixant la mer pourpre sans un mot. N'allez pas croire que le Cauchemar d'Equillos souhaitait rétablir la justice. Ce serait s'illusionner. Risquer sa peau alors que personne ne lui étant cher n'avait disparu ? D'ailleurs qui pouvait bien lui être cher ? Ses rares amis étaient des vagabonds, tout comme elle qu'elle ne recroiserait peut être plus jamais. Mais qu'importe. Son cœur qui se croyait endurci mettait ces éléments de coté pour le pas les regarder en face. Seulement, quelques gosses de bonnes familles avaient disparu et les chers parents étaient près à payer une somme rondelette à qui pourrait ramener leurs fils si ils étaient en vie ou les venger si ce n'était plus le cas.

La sensuelle demoiselle errait donc dans les tavernes depuis quelques jours pour y écouter toutes les rumeurs qui traînent. Les pêcheurs ne sortaient plus visiblement. Les autres se moquaient d'eux en leur disant de pêcher à la ligne. Boutade très mal reçue donnant souvent naissance à un duel ou une petite bagarre dégénérant inévitablement en bataille générale (et pas navale hein, attention, ce ne sont pas es temps les plus propices à cela) et tapage de gueule à coup de tabouret ou choppe. Le gérant mettant un terme à tout ça, bien heureusement. Mais je ne me permettrai pas de vous dévoiler ici sa méthode secrète. C'est dans ce lieu, les vilains se connaissent entre eux comme on dit, qu'elle trouva les renseignements dont elle avait besoin. Un capitaine. Près à l'emmener au plus près du Navire Fantôme. On se moqua ouvertement d'elle. Les buveurs doivent avoir de la merde dans les yeux pour ne pas reconnaître un danger quand l'un des plus monstrueux se tient devant eux.

" Toi ? Une femme ? Sur un navire ? Et freluquette comme tu es en plus ? Tu compte peut être assommer les ennemies en les frappant avec ta poitrine ?" Il éclata d'un rire gras suivit d'une bonne partie de ce qui avaient entendus. Les autres rirent bêtement pour suivre la masse. Pitoyable. Ni plus ni moins. La masque de la jeune femme changea radicalement, devenant un rictus malsain et cruel.
- Oses laisser échapper encore le moindre éclat de rire et je t'arrache les yeux de la tête. "

Il s'arrêta net. Juste assez pour l'entendre et partit dans un nouveau fou rire accompagné de plus belle par les autres. Le son mourut dans sa gorge alors qu'une masse fondit sur lui, passant par dessus la table et renversa sa chaise et son corps épais sur le sol. L'action se déroula à une vitesse foudroyante? L'alcool ne lui permettait plus de réagir mais parfaitement de voir. Un sourire de requin sur un visage porcelaine encadré par une chevelure d'encre. Ce corps si fin et pourtant si lourd assis sur son ventre, les genoux bloquant ses bras, l'empêchant de les bouger. L'éclat d'une courte lame. filant à toute vitesse. Une douleur brûlante incendiant son crâne et se rependant sur son visage. Trop vite. Trop vite. Tout allait trop vite. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Qu'est-ce que cette salope en cuir lui avait fait ? Il hurla à s'en déchirer la gorge comme si tout la douleur cherchait à s'échapper dans ce cris. les oreilles pointues de la demoiselle s'agitèrent, à la fois vrillées par le son et ravies par le chant de la vengeance. Le cris ce tranforma en un mot.

"ARRÊTE ÇA ! JE T'EN PRIE, ARRÊTE ÇA DE SUITE ! DANS LA RUE DES VENTS MARINS, PRES DU PORT, YA UN TYPE, YA CLORG, QUI CHERCHE QUELQU'UN POUR L'AIDER !
- Bien, comme quoi on peut communiquer quand on veut.
- ARRÊTE ÇA ! PAR PITIÉ !
- Arrêter quoi ? Il te manque un œil, je ne peux pas le recoller. "

Il hurla de plus belle. Les autres étaient trop abrutis par l'alcool et la surprise tintée d'horreur pour réagir devant cette folle. Elle se redressa en tournant sur elle même, appuyée sur un jambe l'autre décrivant un cercle autour d'elle alors que son buste était à l'horizontal. Courbe parfaite. Cercle mortel. Bien heureusement tout ceux qui étaient à proximité s'étaient éloignés par réflexe dès qu'elle avait sauté sur sa pauvre victime et d'un pas supplémentaire quand elle avait esquissé sa figure. Elle joua un instant avec la bille blanc lait comme un chat jouerait avec une sauterelle. Elle sortit comme si elle avait simplement finit de boire et se retourna vers l'assistance, lançant en l'air son tophet et le rattrapa entre deux doigts, se délectant du dégoût visible des pauvres gens troublés dans leur soirée. Elle leur fit un clin d’œil, allusion morbide et cruelle à ce qu'elle tenait entre ses doigts tout en poussant la porte.

"Je pense que je vais garder ceci et probablement le faire monter en bague. Ciao tutti. "

Elle éclata de rire comme si elle se trouvait cette idée hilarante. L'Ombre claqua la porte violemment et s'en alla d'un pas rapide et empressé. Subitement elle regarda de nouveau l’œil qu'elle tenait serré dans sa main. Ce machin visqueux et sanglant commençait à dégouliner entre ses doigts étant assez écœurant. Elle l'examina critique et en approcha presque timidement le bout de sa langue pour cracher au sol comme un de ces hommes vulgaires dès que le contact naquit. Elle fut tentée de le jeter mais l'emballa dans une des larges feuilles qu'elle baladait dans sa besace en guise d'assiette ou de récipient quelconque puis se dirigea enfin vers la fameuse Rue des Vents Marins. Elle se fichait éperdument de réveiller le vieux matelot pour peux qu'il dorme. Il aurait mieux fait de fumer sa pipe ou de se débrouiller pour qu'on lui en fasse une si ça le déranger de se faire réveiller alors que le milieux de la nuit n'était pas encore atteint. Son sens de l'orientation la fit bifurquer vers le port sans la moindre hésitation. C'est là que la tâche se compliqua. Dans l'horrible amoncellement de bicoques délabrés, la jeune femme ignorait tout. La chance lui tendit la main, prise de pitié, après une heure de recherches acharnées qui l'énervèrent tant qu'elle fut tentée d'aller chercher l’œil qui manquait à sa paire pour se défouler. Enfin elle trouva la bicoque en question. Pas de nom pour lui assurer que c'était bien ici, juste une odeur de poissons et une ancre sculptée dans le métal de la poignée. Elle frappa quelques coups contre le bois massif, à réveiller un mort, d'ailleurs l'homme sortit immédiatement en râlant, usant de tout les jurons qu'il avait à sa disposition. Soit une belle quantité. Une silhouette massive, pas celle du vieux capitaine rondouillard qu'on imagine, un homme au coup de taureau et aux épaules massives. Un instant elle regretta son impolitesse mais se redressa, son orgueil lui interdisant de s'excuser ou même de se rétracter. Visiblement il ne dormait pas : il était encore habillé de ces tissus qui soulignes les silhouettes divinement musclées. Une lame fine et effilée état à sa taille, e bout de ses doigts en caressant le pommeau comme certains caressent le sein d'une amante. Il lui demanda ce qu'elle lui voulait. Mh, autant jouer la flatterie avec un tel bonhomme. Ce qu'elle voulait ? Parler... seul à seule.

Il eut un petit air interrogateur. Tout simplement craquant. Néanmoins il la fit entrer sans poser plus de question, s'écartant galamment de la porte. Comme toute personne vivant dans les ombres, il savait reconnaître une situation annonçant complots ou arrangements. Mais les pièges n'en restaient pas moins nombreux et redoutables. D'un geste, et toujours en silence, il lui indiqua le siège proche de la fenêtre et elle y prit place le temps qu'il s'efface dans une pièce adjacente sans doute pour leur servir quelques boissons alcoolisées. La pièce était sympathique, décorée dans tout ce qui touchait à la mer, coquillages et morceau de coraux ornant le pourtour des fenêtres. Idée assez féminine mais harmonieuse. A ne pas en douter, cet homme était un amoureux du grand large. L'elfe tira vite quelques conclusions, cherchant à cerner cet étrange personnage. Les mercenaires tels qu'elle décorait leur foyer le plus sobrement possible, cherchant à en dire le moins sur eux. De toutes évidences, il était assez honnête. Mais pas idiot pour autant : il commerçait beaucoup, la table séparant les deux sièges était polit de tous ces frottements de papier. Quant à la longueur du meuble, elle était parfaite : si la jeune femme voulait l'attaquer, elle devrait passer par dessus la tablette, le mouvement lui prendrait assez de temps pour qu'en bon capitaine ayant à faire aux pirates, il puisse riposter. Tout en étant assez proche pour mettre en confiance le potentiel client. Autre détail intéressant, il était du côté de la porte pour lui barrer la fuite si nécessaire. Un coup d’œil lui permit de comprendre que la vitre était bien trop étroite et solide pour lui permettre de la défoncer. Ces informations ne lui servaient qu'à identifier le personnage.

Il revint avec une bonne bouteille, monsieur devait suffisamment s'ennuyer pour désirer mettre un peu de festivité durant ces temps mornes qu'avaient déclenchés les naufrages mystères. Il s'assit enfin, servant les verres finement ciselés puis l'examina en lui tendant son breuvage. Elle sentit son regard glisser sur ses courbes quelques instants mais préférer s'attarder sur ses armes et l'air impérieux qu'elle affichait. Un air impérieux... la demoiselle lui adressa un sourire rusé, comme ravit qu'on l'examine comme n'importe quel marchand d'importance. Il lui rendit ce sourire. Un brin séducteur. Si elle n'était pas "en mission" elle en aurait bien croqué un morceau. Juste un tout petit morceau... quoi que non, tant qu'à faire autant se délecter du maximum. Mais l'un n'empêche pas l'autre pour peu que tout se finisse bien... Il se cala enfin confortablement au fond de son fauteuil et elle fit de même, lui prouvant qu'elle était à l'aise et nullement dans l'idée de l'agresser.

" Bien, qu'est-ce qui vous amène ?
- Je vais jouer carte sur table : on m'a payé pour faire cesser l’hécatombe maritime et j'ai besoin de quelqu'un capable de me faire aborder sur le navire fantôme. Je suis allée voir la jeune femme qui erre sur les falaises. Elle a prononcé une espèce de phrase tordue genre prophétie me dirigeant vers ce vaisseau désertique.
- Et on vous a aiguillé vers moi ?
- Oui, il parait que vous pâtissait de ces événements et quêtes près à agir. Était-ce seulement du vent capitaine ...?
- Pas le moins du monde. Je cherche bien quelques aventuriers talentueux mais j'avoue que je m'attendais à un groupe et pas seulement une...
- Une femme ? Un sourire de requin naquit sus ses lèvres sanguine. Son regard disparate semblait s'amuser d'une proie qui comprenait les enjeux de la chasse. Le marin se fit très polit, comme regrettant cet affront. Pas qu'il eut peur, disons qu'il n'avait certainement aucun intérêt à froisser le seul mercenaire qu'il trouvait.
- Certes. Avez vous un plan ?
- Infiltrer le Navire Fantôme et aviser. "

Il éclata de rire comme si l'Ombre venait de lâcher quelque chose d'hilarant. Un rire moqueur. D'un sifflement de serpent elle fit mourir cet éclat dans la gorge du marchand. Comme une menace fait taire les hostilités. Son regard vairon se fit mauvais, promesse de représailles. On ne se moque pas impunément du Cauchemar d'Equillos... Il se fit plus sérieux, conscient que cette femme munie de deux sabres ne devait pas avoir de scrupule à trancher des gorges. Une elfe qui plus est, selon ses oreilles pointues. Il fronça ses sourcils comme pour se demander à quel point elle pourrait vraiment laisser son empreinte sur le monde. L'air et l'arrogance de l'intéressée étaient clairs " Je le marquerai au fer rouge ". Un duel silencieux s'en suivit. Au bot d'un certain temps il se redressa et tendit sa main à l'Ombre, concluant qu'ils avaient un marché. Chacun y gagnait à sa façon. Le bel Umbrien la guida galamment jusqu'à la chambre d'amis où elle passerait deux nuit. Celle-ci et celle du lendemain, une bonne journée étant nécessaire aux préparatifs. La pièce était de taille modeste mais tout aussi joliment décorée que le salon. Ce même raffinement marin. Néanmoins la pièce ne servit qu'à entreposer ses quelques armes et ses vêtements. L'Ombre s'infiltrant dans la chambre voisine dans la plus simple des tenues. Désirant laisser ses sens libres de galoper plutôt que de se livrer à Morphée.




Dernière édition par Selemba Impériale le Mar 27 Sep - 13:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Âme Errante [Quête]   Lun 19 Sep - 19:54

Deux nuits. Deux petites nuits de débauche avant de passer à l'action. Ce fameux marin était très efficace. En une journée il monta un équipage en les appâtant avec des promesses de gloire ou d'or. L'Ombre se contentait de dépouiller les placards de la jolie maisonnée en traînant das la capitale des Terres des Ténèbres. D'ailleurs, elle n'apprit le nom de ce précieux allié que le lendemain de leur rencontre. James. Elle aimait bien. De plus cela collait au personnage. Les deux lascars se cherchèrent des noises le jour et s'enlacèrent la nuit. Ainsi, lorsqu'il rentra chez lui entre deux négociations, James trouva l'elfe nue comme un vers, la tête en bas et les jambes sur le dossier du canapé, en train de grignoter un paquet de biscuit. Naturellement ils se hurlèrent mutuellement dessus, l'un demandant ce qu'elle foutait à squatter comme ça alors qu'il se démerdait pour arranger leurs affaires ce à quoi elle répondit tout simplement que si elle survivait à cette histoire elle lu permettrait de remettre son commerce en marche alors il n'avait pas à se plaindre. Elle l'importa vu qu'il ne tenta pas de lui arracher le paquet de galette des mains ou de la rhabiller. Le navire et l'équipage paré, la jeune femme remuait d’impatience. Si se la couler douce et agacer son monde durant une journée était fort agréable, inutile de dire que deux jours ce serait trop. Besoin d'action. James en ayant marre de l'avoir entre les pattes l'envoya se balader le long des falaises rocheuses. Comme on se débarrasser d'un gosse trop gênant alors que l'on essaye de travailler. Les falaise ? Si tôt ? Pas terriblement tentant. La demoiselle étant d'humeur joueuse fit l’acquisition d'un costume de bouffon qui réalisait le tour de force d'être un brin aguicheur.

Le Cauchemar d'Equillos devint pendant un instant la bouffonne de Tenemas, marchant sur les mains, dansant avec les musicien de rue, avec les bohèmes quémandent quelques pièces. Jusqu'à ce qu'un petit groupe d'enfants fascinés par ce personnage coloré et complètement fou se mette à la suivre à travers ses délires gambadant, riant quand elle sautait à califourchon dernière la monture d'un noble qui faisait des yeux de chouette ou devant une femme qu'elle allait embrasser devant son compagnon qui se mettait ou à baver ou à lui courir après pour en faire de la bouillie. Alors qu'elle fit un bon phénoménal, digne d'un non-humain, digne d'une personne bondissant de toit en toit, pour échappé à son poursuivant, elle salua la petite foule amusée qui l’applaudit en riant. Elle se percha sur le sommet de la maison, esquissant un courbette exagérée avant de se laisser tomber à la renverse, raide comme prise d'un malaise, artiste tirant sa révérence à son publique avec brio pour atterrir de cette pseudo-chute dans une petite ruelle. Mais contrairement aux adultes qui ne font que passer, les gosses avaient du temps à tuer et persuadés qu'elle n'avait pas disparue, la cherchèrent jusqu'à le revoir, encore accoutrée ridiculement pour s’enthousiasmer une dernière fois. Trois garçons une fille. Pas bien grands. Le plus vieux devait avoir entre sept et huit ans. L'un des garçons s'adressa à elle avec cette joie si particulière qu'ont les enfants qui savent s'émerveiller.

" Madame, c'était trop bien ce que vous... tu as fais !
- Et quand tu as poussé ce gros lourdaud de son cheval pour te mettre à sa place. Debout en plus !
- Ou quand tu as embrassé la baronne que le baron venait de demander en mariage !
- Le mieux c'était quand même le cheval !
- Non, le saut sur le toit, je ne savais même pas qu'on pouvait aller si vite et si haut !"

L'elfe éclata de rire devant tant d'agitation. Un rire franc et puissant qui eut pour effet de faire taire les enfants avant qu'eux aussi n'éclatent de rire. Ses yeux vairons examinèrent tour à tour chaque bambin. Mais elle ne vit que deux garçons et la fille. Le quatrième du groupe étant caché, elle ne se rendit pas compte de sa présence. Ses pupilles disparates firent sensation elle aussi, la toute jeune demoiselle trouva le violet très joli alors que les garçons trouvaient ça bizarre.

"Merci, vous êtes choux. Promis je recommencerai. Et vous savez quoi, pour que vous soyez sûrs de ne pas me manquer je propose qu'on mette au point un code et un lieux de rendez-vous. Elle leur fit un clin d’œil taquin.
- Dans la rue ou tu as dansé avec le musicien chauve ?
- Ça marche ! Je donnerai un coup sec avec je ne sais trop quoi sur la cloche de l'église pour vous avertir. Et cette fois vous serez mes cavaliers "

Ils rougirent d'un bel ensemble. Enfin, derrière les trois gamins alignés, quelque chose bougea et vint se placer à côté des autres. Le troisième petit garçon. Six ans ? Des cheveux de jais, des joues rebondies mais un peu sales. Et de ces yeux... de la même teinte turquoise teintée de vert que l’œil droit de l'Ombre. Des oreilles pointues dépassant de sa tignasse bouclée. Quelque chose au cœur de Cauchemar sembla se briser. Comme une muraille se craquelle. Elle bredouilla un au revoir saupoudré d'une excuse bidon aux enfants, et s'en alla sans se retourner. Bien plus loin, elle retrouva la maison de James où elle se changea et planqua le déguisement de bouffon dans l’armoire vide. Un impérieux besoin de se défouler l'envahit. Il était onze heure et le départ était prévu pour quatre heure. Inutile qu'elle vienne plus tôt pour aider à charger, elle gênerait plus qu'autre chose avec ses connaissances incomparables en matière navigation. Elle avait donc largement le temps de courir à en perdre halène. On lui avait demandé de déguerpir sur la falaise ? Parfait. Un short souple, une brassière maintenant fermement sa poitrine et ses sempiternelles bottes confortables. Si elle les avait tronqués avec une paire de talons aiguilles, délaissé ses sabres croisés dans son dos et changé son allure massacrante contre moue sensuelle, elle aurait fut fureur. Ce gosse... Il lui ressemblait tellement. Et ce ne serait jamais le sien. Jamais...

Son pas vif martelait le sol. N'ayant plus rien de la discrétion que l'espionne était capable d'user comme bon lui semblait. Si elle le désirait, elle pouvait traverser un ban de sable en laissant si peut de trace qu'on pourrait les confondre avec les déplacements du vent comme elle pouvait déplacer des nuages de poussière comme un cheval furieux martèle le sol et y laisse une emprunte nette et profonde. En parlant d'empreintes, elle arriva devant une plaque de mousse. Écrasée en certains endroits de ce qui semblait être des traces de pas déformées. Comme seulement munie de trois orteils. Des acnocks. Ces sales bêtes pullulaient comme des cafards dans une porcherie. Pour la énième fois depuis le début de cette aventure elle eut un sourire cruel. L'excitation de la chasse enfla en elle. Elle était une Traqueuse. Le goût du sang envahit sa bouche. Parfait. Généralement la vermine vit en bande. Elle suivit quelques traces, des brindilles cassées, des herbes courbées. Bientôt elle trouva des traces supplémentaires, une arme délaissée, des restes de nourriture. Dans une petite cuvette abritant ses petites proies des vents. Ils étaient entre une douzaine et une quinzaine. D'un doigt elle caressa ses dagues alignées. D'humeur meurtrière elle se jeta dans la masse, savourant la surprises sur les visages visqueux. Pas d'hésitation. Ses gestes étant d'une précision mortelle. En un rien de temps les lames se fichèrent entre les yeux, en plein cœur, ou dans le thorax pour une agonie plus lente. Ses sabres décrirent des courbes mortelles, profitant des crapauds tentant de l'approcher pour se défendre. L'hémoglobine la délectant dans sa fureur. Pas une once de magie. Par orgueil sans doute. Et l'orgueil se paie toujours. Néanmoins une lame l'effleura et manqua de peu son thorax. Une agilité phénoménale ? Pas sur ce coup là : Perturbée par l'irrégularité du terrain, elle se coinça le talon dans une petite bute et tomba à la renverse alors qu'un acnock se précipitait sur elle. Dans sa chute, par crainte de s'empaler sur ses propres sabres, l'elfe brandit ses lames vers le ciel, donnant durant un fugitif instant de vouloir pourfendre le soleil. Mais l'astre fut voilé par la forme visqueuse qui vint bien par hasard s'empaler. La demoiselle se releva après avoir dégagé le poids qui venait de s'avachir sur elle. Quelques bestioles avaient prit la fuite. Les autres avaient pâtit de l'effet de surprise. Elle écarta ses cheveux poisseux de son visage. Comme quoi, être un héros doublé d'un survivant, c'était un peu de talent et énormément de chance. Mais la chance n'est pas éternelle.

Un petit bain s'impose mademoiselle. Pas que vous sentiez mauvais mais disons que c'est assez... spécial. Intéressant aussi. Du jus de grenouille mêlé à de la transpiration et un brin d'adrénaline pour ceux qui ont l'odorat fin. Une bonne douce ou du moins un rinçage s'impose. Elle descendit de la falaise, ses pas plus assurés que ceux d'un funambule. Et dans ce paysage escarpé, danseur de corde comme chamois n'ont pas le droit au faux pas. Une bonne heure de marche fut nécessaire pour qu'elle dégote une crique accessible et protégée des vagues incessantes s'acharnant sur les récifs, poussant les nageurs les moins résistant sur les roches acérées comme des crocs. L'elfe enleva ses vêtements, s'accroupissant pour les laver sans plonger elle même. Elle se demanda un instant si quelqu'un lavant du coton blanc dans cette eau rouge en trouverait la couleur changée ou pas. Une fois étendus sur la roche exposée au soleil, il lui fallut bien prendre son courage à deux mains et pénétrer dans l'eau trop fraîche, remuante et grouillante de vie à son goût. Salée qui plus est. Veillant à toujours avoir pieds, elle se saisit d'une bonne poignée de sable rouge et s'en servit pour frotter délicatement son corps, le débarrassant des peaux mortes et de la puanteur. Un instant elle savoura la sensation de propreté, accentué par la fraîcheur de l'eau courant sur toute sa longueur. Puis sorti à toute vitesse avec un glapissement de terreur en sentant un contact à la fois doux et visqueux se faufiler entre ses chevilles. Buter un lion OK, sentir un serpent de mer alors qu'il est dans son milieu et pas elle, pas OK ! Un peu honteuse de sa réaction, elle fut tentée à 'idée d'essayer de débusquer le poisson-reptile pour l'écrabouiller. Mais inutile de devenir sotte et cruelle comme ces idiots qui s'acharnent su les bêtes qui les terrorisent injustement. Quelques bourrasques chaudes et elle fut aussi sèche que ses vêtements. L'Ombre admira une dernière fois les eaux rougeoyante d'une passion millénaire et s'en alla d'un bon pas. L'esprit ailleurs. Trop accaparée par ses pensées poétiques concernant l'étendue sanglante pour se rendre compte qu'une paire d'yeux plissés fixait son corps si svelte et appétissant. Le corps prenant le pas sur le regard du concerné, il lui emboîta le pas.

Ce ne fut pas un craquement de brindille qui avertit la demoiselle qu'elle était suivit. Ni même une ombre s'allongeant jusqu'à atteindre son camps de vision. Mais un fabuleux instinct de survit. Une petite voix hurlante dans son crâne. Dès lors elle posa ses mains sur ses armes. Ses oreilles pointues cherchant l'air de rien un quelconque menace réelle. Elle s'arrêta. Le paysage plat ne cachant rien d'autre que des rongeur et des herbes sèche. Et soudain elle entendit. Un souffle. Roque, comme asséché. D'un mouvement vif elle se retournant, croisant ses lames devant elle. Si un ennemi s'était tenu tout proche, il aurait été lacéré. Mais la créature se tenait à deux longueurs de bras, comme on fixe la plus belle pièce de son assiette en se demandant à quel moment la manger. Une silhouette difforme, bleutée, affreusement haute. Un péloas. Elle en avait souvent entendu parler sans jamais en voir. Avant ce jour. D'une intelligence redoutable il parait que ce sont des prédateurs de talent. Ils restèrent parfaitement immobiles. Se scrutant l'un l'autre. Le premier bougeant serait sûrement le détenteur de toute l'action. Malgré ses deux lames et sa maîtrise du vent, Selemba doutait fort de posséder les capacités à tuer un tel monstre. Elle fit un pas en arrière. Il fit un pas en avant. Un instant elle fut tentée de voir si en faisant un pas vers lui il reculerait mais l'angoisse que ce ne soit pas le cas l'en rendit complètement incapable. Elle sera la garde de son arme. D'un geste d'une lenteur plus que prudente, le péolas tendit son bras vers elle, les doigts griffus de sa main écartés comme pour l'inviter à venir lui prendre la main. Il voulait quoi ? Une balade romantique ? Lentement elle rengaina ses sabres. Il ne semblait pas hostile mais ne pouvait déposer les sienne. Prudence. Alors qu'elle sembla faire un pas vers lui, il en fit autant, elle exécuta une pirouette magistrale, plaçant son corps à l'horizontal, des gerbes d'un vent violent s'échappant de son corps, prolongement de ses jambes qui venaient de décrire une spirale parfaite. Le péolas fut frappé de plein fouet et tomba à la renverse sous la violence du choc alors que Selemba atterrissait avec une grâce féline sur trois membres et se redressa en un rien de temps. L'Ombre filant à toute allure, prenant la fuite de toute sa vélocité surnaturelle. Une pointe de douleur engourdie son épaule mais elle chassa cette sensation, pour ne pas se déconcentrer. Usant de toute son agilité elle bondissait de rocher en rocher, tout simplement terrorisée. Son poursuivant pouvait être à deux pas d'elle comme ne jamais l'avoir suivit, elle n'aurait sut le dire. Incapable de se retourner. Incapable d'entendre quoi que ce soit, son cœur martelant à lui en briser les côtes, ses tympans vibrant furieusement au rythme de chaque pulsation. Elle fut incapable de s'arrêter. Incapable de ralentir.

Ce ne fut qu'une fois arrivée au port où elle aperçut l'épaisse silhouette de James qu'elle s'arrêta, se réfugiant entre les bras musclés, incapable de trouver son air. Il lui fallut plusieurs bonnes minutes pour réussir à respirer normalement, malgré ses poumons sifflant d'irritation, après avoir vomit tout ce qu'elle avait sur l'estomac dans le port, sous l’œil moqueur des marins. Dès qu'elle fut calmée, James revint vers elle et s'assit à son côté. Il allait demander ce qu'il s'était passé lorsqu'il posa sa main sur son épaules, passant sous sa chevelure de jais, et poussa un hurlement de douleur. Il regarda sa paume sur laquelle suintait un liquide verdâtre rongeant la peau de façon assez superficielle. Affolée par le cri l'elfe essaya de voir ce qu'il lui arrivait mais il la retourna fermement en écarta ses cheveux, dénudant l'épaule. La chaire était à vif, rongée par l'acide. Dès qu'elle se penchant pour voir, Selemba crut qu'elle allait vomir de nouveau. La douleur jusque là ignorée devint fulgurante et incendia tout son corps. Partant de l'épaule pour se rependre dans une circonférence toujours plus large. La péloas. Il ne lui avait pas courut après mais s'était généreusement vengé. James appela quelqu'un ayant visiblement une magie de soin qui s'occupa d'elle puis du capitaine. Elle était fatiguée. Il dut le voir et tenta de la soulever pour la mener elle ne savait où. Dans un premier temps il fut surpris par son poids, l'elfe ayant un corps très dense et une ossature lourde. Dans un second, il dut la lâcer, madame se débattant, arguant qu'elle savait encore marcher et n'avait pas besoin que l'on la porte comme une handicapée. Cette dernière remarque lui valu d'ailleurs un regard mortellement hostile d'un homme se déplaçant sur une très astucieuse chaise roulante.

"Il y a des cabines dans le navire. Je vais t'y accompagner. Nous prendrons le large sous peu mais le navire fantôme risque de mettre du temps avant de se manifester. Va te reposer. "


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MessageSujet: Re: Âme Errante [Quête]   Jeu 29 Sep - 19:56

Des roulis. Ce fut la première chose qu'elle sentit en ouvrant les yeux, les laissant un instant papillonner pour qu'il puisse retrouver la vue. Elle ne comprit pas de suite ce qui l'avait réveillé. Pas de douleur. Pas d'envie d'assouvir un besoin primaire tel que manger ou trouver d'urgence les toilettes. Toujours immobile elle comprit néanmoins ce qui l'avait gêné. Quelqu'un soufflait tout près d'elle. Un assassin n'a aucunement le droit de dormir sur ses deux oreilles et la paranoïa est inévitable. D'un discret reniflement elle comprit qu'il s'agissait de James. Certes elle n'avait pas les capacités olfactives d'un vampire mais elle reconnaissais le parfum de luxe de capitaine. De gestes doux, encore ensommeillés, elle se tourna dans son hamac pour faire face au bel humain qui la regardait, les coudes le longs du fil tendu et le menton posé sur ses mains croisé. Il faut dire que la demoiselle avait voulu prendre la couchette tout en haut. Ils se regardèrent sans rien dire. Leur échange chargé de la tendresse d'un couple et la sauvagerie que l'on offre à toute les personnes qui nous énervent et que l'on adore énerver. Pas de mots tendre ou de caresse. Il lui fit un simple signe de tête lui demandant de le suivre. S'étant assez reposée elle ne rechigna pas. Le soleil était en train de se coucher sur l'eau. Comme si cette balle de feu allait se faire avaler par les océans. Elle n'eut sut dire lequel des deux éléments était le plus rougeoyant mais le spectacle était d'une beauté saisissante. Des langues de feu semblait couler sur l'eau à où elle touchait le soleil. Ce fut l'unique fois où l'elfe put assister à un coucher de soleil sans s'ennuyer. L'unique fois où elle contempla vraiment un paysage. Et il s'agissait d'une mer en flammes. L'image sembla marquer son esprit au fer rouge, et elle eut l'intime conviction qu'elle s'en souviendrai au moment de fermer les yeux pour la dernière fois. Dès que l'éclairage fut insuffisant, le navire fut parsemé de bougies et lanternes multicolores. Nouveau spectacle sublime. Ce fut alors le moment du repas pour tout les marins qui furent très amusés de découvrir un femme à bord. Le repas était sobre mais agréable et une bonne humeur régnait malgré les risques. Les hommes étaient heureux d'être de nouveau en mer. L'ancre était jetée, il ne restait plus qu'à attendre. Le capitaine leur avait promis qu'ils prendraient le moins de risque possible. Les marins sont des hommes de parole.

Le temps passa. Donnant l'impression que l'on était là pour des vacances. Et au couché du second jour,, cette impression fut brisée. Le brouillard se leva. Venant de l'Est comme une mauvaise augure. Tout les regards se firent inquiets. Il arrivait. Seule l'elfe semblait ravie. Elle n'était pas en son milieux ici. Et tout son être attendait le dénouement de cette histoire depuis trop longtemps. Elle se rendit compte de cette pression quand elle en fut comme soulagée. Elle ressemblait à un fauve. Sa silhouette mince et élancée était ramassée sur elle même, accroupie sur la rambarde droite du navire. Un prédateur près à bondir sur sa proie. Ses yeux vairons fixant le brouillard comme pour tenter de le démêler. Certes, elle était elfe mais en aucun cas habituée à cet obstacle. La nuit n'en aurait pas été un, ce voile fumeux si. La température dégringola, ne laissant aucun doute sur la nature du brouillard. L'ancre avait été levée. Le navire près à faire demi-tour. Tout ce peuple plus fébrile que des sardines à l'approche d'un filet de pêche. James s'approcha d'elle, sans un mot. Elle savait pertinemment ce qu'il allait lui dire. Elle ferait le reste du chemin seul. Il avait promit à ses hommes de ne pas les mettre en danger, tout ce qu'il pouvait faire pour elle c'était lui prêter une chaloupe. Et prier. Il avait misé gros sur elle. Alors autant pour ses futurs affaires que pour les moments de tendresses qu'ils avaient échangés, oui, il allait prier. D'un geste doux il posa sa main entre ses deux omoplates et l'accompagna sur la ridicule embarcation. Il lui souhaita bonne chance avec la voix un peu serrée et maladroite des grands gaillards qui ne savent trop comment s'exprimer. Elle le gratifia d'un autre sourire ravageur.

"Je ne me contenterai pas de chance. Je jouerai avec le talent. Tu entendras parler de moi Chaton, tu verras. "

Soyons clairs, ses débuts en matière de rames furent pitoyables. Elle s'en rendit compte après avoir fait plusieurs tour sur elle même et manqué de faire tomber une des rames à l'eau. Mais une fois le truc acquis, sa musculature puissante lui permit d'avancer à un bon rythme. Un chant s'éleva dans l'air. L'équipage chantait pour elle. Message destiné à l'accompagner. Cette marque de soutient la gonfla d'orgueil et c'est avec encore plus d'enthousiasme qu'elle désirait botter le cul des méchants pas beaux. Mais le silence revint et son morale retomba vite. Elle avait froid. Et elle était complètement perdue dans cette purée de pois. L'eau eu un mouvement fugitif. Avait-elle rêvé ? Les vagues se mouvaient de façon si étrange. Les vagues semblèrent se déchaîner autour d'elle et des tentacules aqueuses la saisirent, l'arrachant à sa coquille de noix. Elle eut tout juste le temps de prendre une goulée d'air que le froid lui arracha un cris intérieur de surprise avant qu'elle ne comprenne qu'on ne la traînait vers le font. Bougeant pieds et poings dans tout les sens elle tenta de se dégager, n'y voyant absolument rien et invoqua un éclair de toute la peur qui enflait dans ses veines. Pas la plus petite onde d'électricité ne vint à son secours. Ses yeux s'ouvrirent subitement et elle distingua une affreuse méduse humanoïde, semblable à celle qui la tenait. Ses tympans lui faisaient un mal de chien et elle s'empressa de décompresser, le sifflement qui en suivit lui prouvant qu'elle coulait à pic. Merde. Merde. Merde. MERDE ! Elle manquait d'air, complètement désorientée. Tout allait trop vite. Trop vite. Elle aurait put les tuer mais elle n'avait pas la moindre arme sur elle. De la surface elle parvint à faire venir une goulée d'air jusqu'à elle mais la méduse le lui payer en resserrant ses tentacules comme pour lui briser les côtes sous la pression. Enfin la foudre vint. Frappant de toute sa violence la première créature, se rependant ensuite comme une onde de choc sur plusieurs mètres. Les deux créature périrent comme tout les poissons et créatures marines que le secteur abritait. Mais l'elfe eut beau battre des pieds et des mains comme une furie elle ne parvint pas à remonter. L'air lui manqua de nouveau mais elle était focalisée sur une seule et unique chose : la surface. En vint. Elle s'en éloigna, sombrant dan une abîme d’inconscience, le froid et la profondeur semblant refermer leurs serres bleues givré sur son corps abandonné.

Des roulis. Ce fut la première chose qu'elle sentit en ouvrant les yeux, les laissant un instant papillonner pour qu'il puisse retrouver la vue. Exactement comme la fois où elle s'était réveillé sur le navire. Si bien qu'elle crut une seconde qu'elle avait rêvé mais dû se rendre à l'évidence. Son corps était transit de froid, posé sur un sol de bois abîmé, sentant les assauts du temps. Le Navire Fantôme. Il n'y avait pas de doute. Sa chevelure d'encre dégoulinait sur le pont, lui dessinant une cape ébène de son cou à sa taille qui ne la réchauffait guerre. Couronne noire. Un simple coup de vent sur sa peau plus pâle que jamais, mouillée la fit grelotter avec une puissance rare mais elle se maîtrisa, ses instincts lui dictant d'être silencieuse au possible. Étendue sur le dos, elle ne vit tout d'abords que le ciel étoilé. Chaque astre se distinguant nettement sur le voile noire de la nuit. Un ciel si clair comme l'on en voit que dans les lieux éloignés de toute autre lumière. Que s'était-il passé ? Elle tenta de se redresser quand une tête se pencha par dessus la sienne. Affreuse et cruelle, une lueur démente luisant dans ses yeux qui avaient quelque chose de mort. Le visage d'un homme se délectant de sa supériorité factice. Il sembla rire de la voire si surprise et horrifiée et laissa traîner un doigt porcin sur ses lèvres. Ce contact la dégoûta, ses mâchoires claquèrent à moins d'un centimètre du doigt, montrant clairement ce qu'elle en ferait si il approchait de nouveau. Elle s'attira un sifflement réprobateur et allait pousser un grognement en réponse mais elle n'en eut pas le temps. Une voix résonnant derrière elle. Impérieuse et moqueuse. Tout ce qu'elle haïssant lorsque l'on s'adressait à elle. Une voix qu'elle connaissait bien depuis quelques jours.


"J'avais placé tellement d'espoirs en toi. Dire que tu n'as même pas sut venir jusqu'à nous. La belle Lowine ne sait pas nager ?"


James... Quant à Lowine, c'est le nom qu'elle lui avait donné lors de leurs marchandages. Elle ne s'était pas sentie le besoin de rectifier une fois leurs affaires conclues. Mais là n'était pas l'essentiel. James l'avait donc bernée ? Comment avait-il put se jouer si simplement d'elle ? De plus il avait raison sur un point : elle ne savait pas nager. La tuer serait si simple : un malheureux geste la faisant basculer par-dessus bord et plouf... Bordel de merde ! Mais pourquoi faut-il toujours qu'elle se foute dans les pires embrouilles possibles ?! Du surprise elle se leva d'un bond, faisant tomber à la renverse le grassouillet qui l'en avait empêché un instant plus tôt. Elle sera les dents et le tua d'un regard. Ses mains se calèrent sur ses hanches où elle ne trouva aucune arme. Re merde ! Il eut un sourire amusé. Un vent violent gonfla les voiles déchiquetées. Secouant sa chevelure. Même seule sur ce navire, trempée et désarmée, son visage et son corps exprimait cette sauvagerie qui semblait tant plaire au capitaine. Mais il la regardait autant comme une amante que comme une proie. Ne sachant que faire d'elle. Comment en profiterait-il au maximum ?

" Messieurs, voici la jeune femme qui jurait de nous écraser pour encaisser les généreuses sommes que l'on lui a promise.
- Tu fais énormément de vent James, mais regarde-toi. Tu te tiens loin de moi et tes mains son posées sur tes armes alors que tu m'as déposée seule au milieux de tes hommes sans la moindre lame. Tu ris mais ta prudence montre ta peur.
- Comment oses-tu...
- Au pays des aveugles les borgnes sont rois, est-ce comme cela que tu les mènes James ? En ne leur montrant qu'une façade, une demie-vérité ? "

Mh, bon plan ou mauvais plan ? Il s’approcha d'elle furieux. D'un geste souple, d'une perfection irréprochable, il dégaina son sabre recourbé. Mais alors qu'elle bandait déjà ses muscles, il le jeta au sol pour réfuter ses propos. Il n'était plus qu'à un bon de distance mais ne s'arrêta pas, la saisissant d'un bras pour l'empêcher de se dégager, profitant de sa silhouette de taureau. Un vent de fureur gonfla la chevelure de l'elfe, lui donnant des allures de corbeau. Nul doute que James sentit la magie passer au travers de leurs corps serrés mais il ne réagit pas et saisit fermement son menton pour retourner de force son visage vers l'équipage.


" Qu'as-tu fais aux autres navires, James ?
- Ils sont tous cachés. Enfermés dans un véritable labyrinthes de grottes semies-inondées.
- Tu es un fou.
-Veux tu voir à quel point je maîtrise mes hommes petite idiote ?"

Les yeux vairons s'écarquillèrent d'effroi, contraints d'observer l'immonde scène. Sous ses yeux les matelots perdirent leur apparence, les visages furent rongés par une pourriture invisible, les lambeaux de chaire chutèrent au sol, pan de peau voir membre. Une odeur immonde envahit les lieux. La décomposition. La mort. Son estomac se révolta et manqua de défaillir mais James la tenait fermement, stoppant tout réflexe vomitif. C'était ignoble. Contre nature. Il la serra plus fermement encore, comme pour l'empêcher de s'échapper. Les cadavres jouaient ensemble. Certains se distribuant des accolades ou des plaisanteries de mauvais goût. D'autres s'approchèrent d'eux et se mirent à l'approcher comme pour rire de sa peur. Une fois de plus. James ne lui laissait comme liberté de mouvement que son cou. Les fantômes dansaient. Formant un cercle d'enfer. Mais la peur se transforma en haine. Elle contacta ses mâchoire à en avoir mal et de nouvelles rafales de vents tournèrent autour du navire. De plus en plus furieuse. De l'électricité passa de son corps à celui de James. Il voulu le lâcher mais cette fois c'était elle qui le tenait. L'homme grogna de douleur, son esprit comme ses muscles s'engourdissant. On ne tient pas impunément un manieur de foudre. Par choix il abandonna la maîtrise de plusieurs corps qui s'effondrèrent inanimés. Les autres n'en étaient que plus vivants. Elle éclata d'un rire sardonique en voyant les morts-vivant prendre les armes et s'approcher avec un air menaçant de l'Ombre et leur chef. Elle eut un sifflement menaçant. Très clair. Si ils approchaient, elle le tuait et leur ôtait la vie par la même occasion. Une nouvelle voix bien connue retenti alors que le corps de James défaillait entre ses bras. Paralysé doucement mais sûrement.

" Selemba arrête ! Je t'en prie ! "


Comment... ? James dû sentir qu'elle connaissait ce pantin et lui rendit son apparence normale. Kyo. Il était exactement le même que celui qu'elle avait connu. Hormis une immonde plaie béante au niveau de son cœur. Une plaie qui n se refermerait jamais.

" Je sais que tu m'as tué pour que le poison ne me fasse pas souffrir, je ne t'en ai jamais voulue. Je t'en prie, si tu le tue tu me tueras de nouveau. Est-ce ce que tu souhaites ? On aurait put fonder une famille malgré ta stérilité, il n'est pas trop tard. James m'a rendue la vie.
- Tu n'es pas le Kyo que j'ai connu. Juste une marionnette..."

Sa voix était marquée de doute et de douleur. Furieuse que l'on rouvre cette plaie, elle se tourna vers James et envoya une décharge qui n'avait rien de la subtilité qui paralyse doucement. Une décharge violente qui semble brûler de l'intérieur. Il hurla de douleur. Ses pantins hurlèrent de douleur. Selemba hurla de douleur.

" LIBÈRE-LE. IMMÉDIATEMENT. N'UTILISE PLUS JAMAIS SON CORPS ET SES SOUVENIRS OU TU MOURRAS JAMES. MAINTENANT LÂCHE-LE !!! "

Tout les corps tombèrent inanimés. Celui du capitaine avec. Tout simplement tétanisé. L'elfe marcha vers le sabre qu'il avait jeté plus tôt. D'un geste elle prit la main de son ennemi et lui entailla la paume, elle fit de même avec la sienne. Son regard se fit froid alors que les gouttes de sang éclaboussaient le plancher.

"Jure que jamais plus tu n'utiliseras ta nécromancie pour attaquer les navires comme tu l'as fais ces derniers temps. Jure que tu libéreras tout ceux prisonniers de labyrinthe. Jure enfin que jamais tu ne dévoileras mon identité. Ose refuser, et je te tuerai.
- Je le jure. "

Il nouèrent leurs mains, les sangs se mêlant. Une promesse éternelle. Les elfes comme les marins connaissent la valeur de ces pactes. Si il désobéissait, il en mourait. Elle roula sur le côté, allongé à côté de lui. Épuisée. Elle ne savait pas si elle lui en voulait terriblement ou si par une espèce de grain en moins, le fait de l'avoir battu lui plaisait terriblement. Ils restèrent immobiles. Fixant le ciel. Remémorant ce qu'il venait de se passer. Ce fut James qui brisa le silence. S'excusant d'avoir utilisé un être qu'elle avait connu de son vivant. Elle ne répondit pas. Incapable de savoir où elle avait le plus mal. James lui, continuait de parler. Comme si il en avait besoin. Mais ce fut une seule et unique phrase qui sortie l'elfe de sa torpeur.

"Tu pourrais devenir la reine des océans si tu le désirais.
- Les océans sont bien trop étroits. Je deviendrai la reine des Cieux. "
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MessageSujet: Re: Âme Errante [Quête]   Dim 30 Oct - 7:54

Une Quête plus qu'intéressante pour l'Ombre que tu es ^^ Tu as gagné :

25 xps et 1 Niveau de Pouvoir Spécial
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MessageSujet: Re: Âme Errante [Quête]   

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