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 [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]

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Saladin Shamyaza
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MessageSujet: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   Ven 31 Mai - 0:32

Une goutte d'eau suspendue à la paroi de la caverne coula le long de la pierre froide, venant glisser entre les fissures de cette dernière, lentement mais sûrement continuant sa course à travers ces rides de pierre. Elle continua son chemin pour trouver une surface plus lisse et verticale, lui permettant d'entamer une descente bien plus rapide, venant à la fois grossir et augmenter sa masse tandis qu'elle absorbait de fines gouttelettes sur son chemin. Enfin elle arriva tout contre une petite stalactite qu'elle entreprit de descendre tout doucement avant de finalement venir perler à sa pointe. Petit à petit, chargée par son propre poids, elle s'étira approchant dangereusement son point de rupture puis enfin céda. Attirée par la gravité elle entama une longue chute depuis la stalactite et s'écrasa soudainement, terminant sa chute sur la joue d'un homme. L'homme ouvrit les yeux, tiré de son sommeil par cette innocente gouttelette. Il frotta sa joue d'un geste lourd et pesant, puis enfin s'installa en position assise sur sa couche improvisée. Il se frotta les yeux longuement tout en soupirant, en baillant avant de se lever et de s'étirer longuement comme si chacune de ses articulations étaient douloureuses. Finalement, les mains posées sur les hanches, il prit le temps de regarder autour de lui.

L'homme vivait dans une grotte, planquée dans la Jungle des Anciens non loin du Fleuve Numa où il allait régulièrement s'approvisionner en eau douce et en poissons. On voyait qu'il était installé là depuis un moment, sa paillasse pour dormir, bien qu'à même le sol avait été confortablement faîtes à partir de branchages, de feuilles, de fougères et d'une vieille toile de tissu, le tout formant un matelas fin et rudimentaire mais plus qu'acceptable. Dans un coin, un morceau de roche avait été creusé et aménagé pour faire une sorte de four dont la fumée s'échappait vers le plafond de la grotte avant de s'enfuir vers l'extérieur. Le four était assez large pour chauffer la grotte vu qu'elle n'était pas bien grande, cinq mètres de large pour sept de long sur trois de haut, un simple trou taillé dans le granit. Il y avait dans un coin une large étagère débordant de vêtements, l'étagère avait été construite à partir de morceaux de bois, de branches et de ficelles solidement nouée. Dans un coin, une plus petite étagère construite de la même façon, débordante d'ustensiles de cuisines et de bibelots. On trouvait un peu plus dans le fond un grand et large coffre au contenu encore mystérieux et enfin un miroir assez large bien que légèrement terni posé simplement sur le fameux coffre. Une seule entrée, une seule sortie, un trou béant donnant directement sur la jungle, et suffisamment grand pour que trois hommes adultes y passent ensemble côte à côte.

L'homme alla dehors, arpentant un petit chemin à travers la jungle. Le chemin n'était pas aménagé, mais il avait dut le parcourir tant de fois que la végétation s'était écarté, et au sol un mince sillon s'était creusé où il n'y avait que de la terre, signe que des pieds devait fouler ce même tracer à plusieurs reprises et ce depuis des mois, voir des années. Bientôt il arriva dans une petite clairière, celle ci en revanche était aménagée. Une petite cabane avait été construite toute proche du fleuve, il y avait aussi une barque de fortune mais qui devait pouvoir naviguer sur les eaux tumultueuses du Numa et enfin un petit ponton enjambant une partie de la rivière. Il alla justement vers ce ponton et attrapa une sorte de corde attachée à l'un de piquets qu'il tira vigoureusement, emmenant avec lui un petit filet de pèche où était prisonnier une dizaine de poissons, certains étaient déjà morts, s'étranglant dans les mailles du filet. Il posa le filet sur le sol et entra dans la cabane ou était entreposé toutes sortes de matériaux, des outils, des filets et des cannes à pèche essentiellement. Il attrapa un seau et vint le remplir avec les poissons qu'il avait pris. Il installa de nouveau le filet et retourna à la grotte. Au passage il ramassa du bois sur une petite pile entreposée non loin de l'entrée de la caverne et couverte par une sorte de petit hangar fait de branches solides et d'écorces épaisses en guise de toit. Il fit repartir son feu dans le four et cuisina un moment. Il prépara les poissons, les faisant bouillir, ajoutant des herbes aromatiques puisées dans des petites boites sur ses étagères, sur une poile il fit cuire des patates douces qu'il assaisonna de sel et de poivre. Il mangea ce petit déjeuner de poissons et de tubercules assis sur sa paillasse face à l'entrée de sa grotte.

Ceci fait, il jeta purement et simplement tout ce qui lui avait servi pour sa cuisine et son repas dans une grande bassine en fer légèrement rouillée par endroit. Puis il se dirigea vers le miroir. Il avait la peau blanche et abîmée, signe qu'il ne sortait pas souvent. Des cernes profondes soulignaient ses yeux à la pupille étrangement rouge. D'une main il se palpa le visage, une main aux ongles épais et noircis, légèrement caleuse et à la peau sèche. Il passe ses doigts dans sa barbe épaisse, autrefois elle avait dut être lisse, mais aujourd'hui elle était longue d'une dizaine de bons centimètres, tirant par endroits sur le roux, signe de carence alimentaires, et pleine de nœuds. Puis enfin il passa sa main dans sa longue chevelure, dans un triste état, se terminant en fourche, bourrée d'immondes nœuds, secs et cassants. Il fit un sourire forcé au miroir, pour voir l'état de ses dents, qui, contrairement au reste de son anatomie, étaient d'un blanc surprenant, bien en ordre et particulièrement propre, à l'exception d'un petit morceau de poisson coincé entre deux molaires qu'il délogea à l'aide d'une brindille solide au bout pointu. Cette inspection faîte, il se leva et regarda sa tenue. Il portait des chausses en peau de bêtes grossièrement cousues, un pantalon de toile grise et épaisse, tachée et rapiécée, un gilet autrefois blanc, aujourd'hui plutôt gris, dont les fils dépassaient par endroit, et par dessus un sorte de veste en laine épaisse. Il grommela, attrapa la bassine dans laquelle il avait jeté sa vaisselle précédemment et retourna, ainsi chargé vers la rivière.

Il s'installa sur son ponton, et entreprit de faire sa vaisselle, reposant la vaisselle propre dans la bassine. Ceci fait, il attrapa une sorte de petite brosse et une sorte de boite en fer, il l'ouvrit et dans la boite il y avait une substance verte, sorte de pâte faîte avec des herbes écrasées. Il enduit le bout de la brosse et se brossa vivement les dents avec la mixture étrange avant de cracher dans le fleuve. Puis, pour compléter sa toilette, il ouvrit une autre boite où il y avait des morceaux de charbons, il en cassa un petit qu'il mâcha longuement avant de se brosser à nouveau les dents avec la poudre de charbon. Il cracha à nouveau, se rinça et passa sa langue sur ses dents d'un air satisfait. En réalité la pâte verte était extraite d'une plante riche en éléments et connues pour sa capacité à protéger les dents, le charbon quand à lui était particulièrement efficace pour la blancheur. Si l'hygiène des dents était importante aux yeux de cet homme, c'était moins le cas, il se plonge a simplement la tête sous l'eau quelques instants, et frotta vigoureusement avant de la sortir, projetant avec lui de belles éclaboussures. C'est à ce moment là qu'il entendit une voix venir de sa cabane.

- Oh hey, m'sieur l'ermite !

De derrière sa cabane surgirent un homme adulte, la quarantaine, la barbe rousse, le cheveu dégarni, des habits de paysans, suivi par un petit garçon, une dizaine d'années, le cheveu blond, des vêtements presque identique à l'homme, un père et son fils. C'est l'enfant qui venait de l'interpeller, mais c'est l'adulte qui continua.

- Cela faisait longtemps qu'on ne vous avait pas vu, en même temps avec la saison des pluies.

L'homme fit un sourire, et pour la première fois depuis le début de la journée, et peut-être même pour la première fois depuis un moment, vu le ton enroué et coincé de sa voix, il parla.

- Tobias, Lionas, cela faisait...trois mois...

Le père répondait au nom de Tobias, un humble bûcheron installé dans un village à la lisière de la jungle, son fils Lionas était voué au même métier. Depuis trois mois la saison des pluies avait secoué la région comme tous les ans. Pendant ce temps, Tobias, sa famille et les autres villageois avait coupé du bois à la lisière, pour éviter le mauvais temps. La pluie ayant cessé depuis quelques jours, ils pouvaient à nouveau aller chercher du bois plus en profondeur dans la jungle, pour en trouver des plus rares et plus coûteux.

- On vous dérange peut-être ?
- Non certainement pas, restez un peu, après trois mois seul je ne suis pas contre un petit peu de conversation.

Tous trois discutèrent, enfin surtout l'ermite et Tobias, le jeune Lionas, bien qu'ayant parfois quelques petites répliques bien placées restait surtout là à écouter d'une oreille particulièrement curieuse. Ils parlèrent du monde, des nouvelles qui étaient venues au village. Rien de bien nouveau depuis trois mois, les Déchus étaient toujours à la tête des Trois Mondes, le monde vivait dans la peur, on parlait d'un nouveau groupe de révolutionnaires qui commençait à s'organiser sans grandes chances de succès. Puis Tobias se laissa aller à son tempérament de bûcheron et parla longuement de l'économie du bois, et, bien qu'amusé, l'ermite l'écouta poliment.

- Et encore c'était bien pire avant, on vendait presque uniquement du bois de basse facture et peu rare, comme les pins poussant sur la lisière. Mais depuis que vous êtes là cela a bien changé.
- Vrai, avant on allait rarement en profondeur dans la jungle, pas vrai papa.
- Vrai ! Avant il fallait y aller à plusieurs, et encore, les monstres nous tombaient dessus trop souvent, c'était difficile...puis vous êtes arrivé, et les bêtes ont déserté le secteur.
- Y'a quelque chose chez vous qui a fait fuir les monstres m'sieur l'ermite !
- Content d'être utile d'une manière ou d'une autre.

Répondant ceci, l'ermite s'en alla dans un bon rire à travers sa barbe, rire communicatif car Tobias et Lionas se mirent bientôt eux aussi à rire de bon cœur. Puis finalement, après s'être remis de ses émotions, Tobias s'appuya sur sa hache, prêt à commencer le travail. Voyant son père s'activer, Lionas fit de même, bientôt suivi par l'ermite qui ramassa sa bassine de vaisselle. Tandis que tous trois cheminaient, Tobias fit plus sérieusement.

- Je ne sais pas si c'est vous ou quelque chose d'autre, mais le départ des monstres nous a redonné espoir, en vendant du bois des arbres précieux du fond de la jungle, on a put sauver le village...croyez moi c'était triste avant...ouaip c'est ça, on a de nouveau espoir.
- Oh papa, tu parles d'espoir, tu te souviens ce qu'on a entendu l'autre jour, tu sais à propos d'une femme...

Tobias regarda son fils un instant, se demanda où juste il voulait en venir puis se frappa le front tandis que ça lui revenait, se demandant pourquoi ça ne lui était pas venu à l'esprit plus tôt, tout ceci bien entendu sous le regard interrogateur de l'ermite. Le regard de Tobias se mit à briller tandis qu'il annonçait.

- Un jeune commerçant ayant fait une halte dans l'auberge de notre village à raconté une histoire qui a mit du baume au cœur des habitants, ce soir là on a été plus heureux que depuis des années, depuis avant la guerre ! Ça nous a donné encore plus d'espoir que nous en avons, même si c'est un espoir de fou...il se raconterait à travers les Trois Mondes que la fameuse Créatrice Mélusyne Shea ne serait pas enfermé dans une autre dimension inaccessible tel qu'on put le faire croire les Déchus...mais bien ici, sur l'un des Trois Mondes !

Ce fut imperceptible, mais les mains de l'ermite se contractèrent sur sa bassine, dans son oeil rouge terne brilla l'espace d'un instant une flamme, puis, l'air de rien il annonça.

- C'est une grande nouvelle en effet...

Après ceci, les trois hommes se saluèrent, et tandis que Tobias et Lionas s'enfonçaient dans la jungle, hache à la main, grand panier d'osier sur le dos, l'ermite regagnait sa grotte. Sa bouche était crispée, ses mains tellement serrées sur sa bassine de fer que ses jointures blanchissaient à vue d'œil, les sourcils froncés, le regard plus que sérieux. D'ores et déjà une question tournait dans sa tête...était-il temps pour lui de revenir au grand jour ?

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Dernière édition par Saladin Shamyaza le Mer 17 Juil - 15:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   Mar 9 Juil - 11:40

Deux jours s'étaient écoulés depuis le passage des bûcherons père et fils. L'ermite avait continué se vivre sa routine habituelle, quittant rarement sa grotte hormis pour attraper quelques poissons, faire sa toilette et sa vaisselle. Mais depuis qu'il avait entendu le nom de la Créatrice, toutes ses pensées étaient tournées vers elle, vers ce fameux espoir. Il avait longtemps hésité, depuis combien de temps avait-il disparu aux yeux du monde...bien longtemps, trop longtemps même. Avait-il le droit de resurgir du passé, d'aller se battre à nouveau. Sans compter qu'il n'était plus le même qu'autrefois. Il n'était plus le guerrier que tout le monde connaissait, ni même le démon qui sommeillait à l'intérieur de lui, mais bien un parfait mélange de deux. Aujourd'hui les causes pour lesquelles il s'était battu à l'époque lui semblaient lointaines, flous, et quelque part, inconcevables. Mais après deux longues journées, pratiquement sans dormir, il avait trouvé une nouvelle voie, un nouveau but à atteindre. Il était donc temps de resurgir à la lumière. Cela risquait d'en surprendre plus d'un, la dernière fois que l'ermite avait entendu parler de lui, on le disait mort.

Au matin du troisième jour il se leva bien plus tôt et après un petit déjeuner vite consommé se rendit dans la jungle. Sans armes, il s'enfonça simplement dans la jungle, assez profondément pour ne pas être dérangé. Il arriva une petite heure après dans un endroit un peu plus dégagé, bordé de végétations luxuriantes. Il regarda autour de lui, puis ferma ses yeux à l'iris tellement rouge. Il resta là immobile un petit moment à simplement respirer. Il prenait de grandes inspirations, gonflant son torse au maximum, et expirer doucement et longuement. Lentement, ses oreilles s'habituèrent aux bruits ambiants, le bruissement de feuilles, le vent, les craquements de branches, les pas de quelques petits animaux. Après cette méditation achevée il rouvrit les yeux et entama toute une série d'étirements de plus en plus compliqués, de plus en plus exigeants. Mais cela ne semblait pas bien se passer, si l'ermite arrivait facilement à tenir les premiers étirements, il éprouva de plus en plus de difficulté et pestait silencieusement contre son manque d’entraînement et sa souplesse au ras des pâquerettes. L'ermite était cependant dur avec lui même, si ses performances ne semblaient pas à son goût, le moindre observateur débutant aurait été surpris de voir un homme à l'air aussi rouillé faire preuve d'autant de souplesse.

Après ceci, il se massa longuement ses membres endoloris, son visage témoignait de sa colère, il n'était clairement pas satisfait, comme un homme triste et déçu de voir dans quel état il était comparé à une probable gloire d'en temps. Il se releva bientôt, respira encore longuement, et commença à courir, ni trop vite, ni trop doucement, une cadence parfaite pour courir longtemps sans se fatiguer, une vitesse idéale pour tester son endurance. Il courra ainsi sans discontinuer pendant une bonne demi-heure avant de finalement s'arrêter le long d'un arbre épais à l'écorce fine et presque blanche. Il était à bout de souffle, de grosses gouttes perlaient sur son front, son visage était rougeoyant et les veines de ses tempes battaient furieusement. La bouche entrouverte il respirait avec difficulté. L'ermite était si fatigué qu'il lui semblait que l'air cherchait à s'échapper de son corps par tous les moyens. Sa chemise grise était depuis longtemps tachée de sa sueur, et ses jambes tremblaient. Il marcha un petit moment pour reprendre son souffle. Vingt bonnes minutes passèrent avant que l'homme ne retrouve toutes ses facultés. Il reparti en courant à la même allure que tout à l'heure pour revenir à sa grotte.

Il prolongea sa course jusqu'au fleuve Numa et là ses jambes le lâchèrent, il s'effondra au sol, en bordure du fleuve, le souffle court et saccadé. Mort de fatigué, il goûtait à ce repos sur le sol. Son visage était trempé de sueur, mais il était blanc comme un linge, signe de sa fatigue. Sa barbe épaisse était elle même humide, trempée par la buée qu'il soufflait comme un bœuf depuis sa bouche. Après avoir repris un minimum de force il rampa jusqu'au bord du fleuve et y plongea sa tête. L'eau glacée fut particulièrement revigorante. Il but plusieurs longues gorgées avant de ressortir sa tête dans un grand souffle et de s'asseoir. Les genoux repliés devant lui, les mains posées derrière lui il constata son état lamentable. Ses jambes tremblaient plus que jamais, ses bras eux mêmes commençaient à se fatiguer. Il eu un petit sourire, mélangeant à la fois tristesse et désespoir, mais englobé d'ironie. Après tout il n'avait plus eu à pratiquer le moindre exercice depuis au mois cinq ans. Une durée suffisante, le tout lié à des conditions de vie difficiles, pour vous transformer un homme robuste en véritable déchet. Mais dans les yeux de l'ermite brillait une volonté farouche et inébranlable. Ce genre de lueur qui fait savoir à tous que cet homme serait capable de tout et n'importe quoi, qu'il n'abandonnerait jamais.

Une fois ses forces retrouvées il se déshabilla, entièrement nu il s'étira de nouveau. Il avait un corps bâti de façon surprenante pour un ermite. Tout en muscles, mais des muscles très fins, presque atrophiés. Il n'avait pas le moindre gras, des cuisses fines, des mollets et des bras maigrelets, un ventre creux et l'on voyait ses côtes. Il avait le corps d'un homme qui autrefois avait certainement eu une musculation très athlétique, mais asséchée par les temps et la mauvaise façon de vivre et de se nourrir. Mais il ne sembla même pas y porter attention lorsqu'une fois sur le ponton il se regarda dans le reflet de l'eau. Il plongea sans réfléchir, tout son corps fut frappé par la froideur de l'eau, comme des lames de rasoirs perforants la peau. Il remonta à la surface et souffla plusieurs fois comme pour attester de la difficulté à supporter la température. Mais son regard se durci d'autant plus et il commença à nager. Il fit des longueurs en cette partie ou le fleuve Numa ne faisait pas plus d'une trentaine de mètres de large. Cela dura un bon moment, et contrairement à la course à pied, l'homme ne semblait pas se fatiguer. Mais c'était trompeur, au fur et à mesure, l'ermite avançait de moins en moins vite à travers l'eau, se laissait parfois un peu emporté par le courant, changeait parfois de nage pour rendre ses gestes plus faciles, moins fatigants. Puis après une heure de nage sans interruption il vint remonter sur son ponton et s'y allongea. Aussi fatigué qu'après la course, il mit longtemps à reprendre son souffle, son seul réconfort fut le soleil qui arriva à son zénith, annonça midi. La chaleur le réchauffa, et l'idée du repas lui redonna des forces. Il se rhabilla et retourna à sa grotte.

Il déjeuna copieusement puis se dirigea vers le fameux coffre au fond de la grotte. Il y avait là toutes sortes de choses, mais ce qu'il attrapa était étrange. C'était deux bâtons en acier noirs, longs d'environ 90 centimètres, parfaitement ronds et d'un diamètre d'environ trois centimètres. Il referma le coffre, et admira ceux ci pendant un moment. En y regardant bien, ce n'était pas de simples bâtons. Bien qu'entreposés là depuis l'arrivée de l'ermite en ce lieu, ils n'avaient pas rouillés, et même gardés tout leur éclat. Ils étaient striés de fines entailles courant tout leur long comme de fins serpents, dessinant sur le bâton de véritables et particulièrement travaillées décorations. Il les garda en main et retourna dehors avant de rejoindre la petite clairière qu'il avait trouvée au matin. Là, il souffla encore un moment puis commença à s'exercer avec ses bâtons. Ces simples objets devinrent de redoutables armes entre ses mains, il les maniait avec vitesse, force et agilité. Il frappait dans le vide, répétant des enchaînements à plusieurs reprises, puis passait ensuite à des figures plus ardues. Il changeait parfois la position de ses bâtons, les prenant tout deux de manière à attaquer, ou en prenant un en défense, l'autre en attaque, les deux en défense. Il continua ainsi une longue heure, et eu son premier sourire satisfait de la journée, avant de pester à nouveau. Dans un souffle il laissa tomber les deux bâtons, qui, au lieu de légèrement rebondir comme aurait pu le faire n'importe quelle barre d'acier, s'enfoncèrent dans la terre. Il s'assit, regardant ses armes. Les deux bâtons devaient être monstrueusement lourds, et pourtant l'ermite venait de les manier si longtemps, avec si peu de difficulté. Il se massa les bras un par un, endoloris par l'effort et fit le bilan de ce petit entraînement. Il était satisfait car il ne semblait rien avoir perdu du maniement de ces armes, des enchaînements. En revanche, le poids avait été un vrai problème, jamais dans un vrai combat il ne pourrait tenir une cadence élevée.

Mais l’entraînement ne s'arrêtait pas là. Il reprit ses bâtons et colle les extrémités l'une à l'autre. Une lumière blanche aux contours noirs illumina la scène, et lorsqu'elle se dissipa, les deux bâtons étaient soudés ensemble en un long bâton d'un mètre quatre vingt. Nouvelle forme, donc nouveau maniement, nouvelles contraintes, et l'ermite s’exerça comme il l'avait fait précédemment avec cette nouvelle. Mais ce fut un entraînement plus court, et encore moins concluant que le précédent, il posa le long bâton à coté de lui tandis qu'il se reposait. Le maniement de ce Gwun était bien plus difficile que celui des bâtons séparément. Mais l'ermite n'allait pas en rester là. Il attrapa de nouveau ce bâton et prononça de façon inaudible quelques mots. Le bout du bâton s'enveloppa d'une sorte de fumée grise, très épaisse, comme de la cendre, puis la fumée s'étira, transformant petit à petit le bout du bâton en une lance noire à trois pointes. La fumée s'évapora et l'ermite tenait entre ses miens une véritable lance, proche du trident, longue de plus de deux mètres. Il l'admira un certain temps avant de la soulever et de recommencer ses mouvements.

Après deux autres heures d’enchaînements avec ces trois armes, et de séances de repos, l'homme s'assit lourdement, posant les deux bâtons à coté de lui. Il avait les bras plus endoloris que jamais et les massa longuement avant de retourner à sa grotte et de reposer ses bâtons dans le coffre. Après une légère collation, il retourna au bord du fleuve. Il lui restait encore un entraînement, après le physique, le maniement des armes, la magie restait encore à faire. Il s'assit, ayant décidé de ne pas en faire trop aujourd'hui. Il joignit ses mains ensemble et se concentra, il n'avait plus fait ça depuis des années. Tandis qu'il séparait ses mains lentement, dans un crépitement, plusieurs petits filaments vert émeraudes apparurent entre ses paumes, se joignant au centre pour former une boule verte, semblant instable. Puis il referma ses doigts et tint non sans une certaine fierté cette magie entre ses mains. L'arcane était son talent naturel après tout, c'était le plus simple. Il réitéra la même opération en produisant successivement une boule d'air condensé, d'électricité et de feu. Il continua ensuite toutes une série de petits exercices, cherchant à retrouver la maîtrise de ses pouvoirs, soulevant de petits objets en métal grâce à son contrôle sur cet élément, réchauffant une large bassine d'eau grâce à son art du feu, et bien d'autres. Mais en fin de journée, il avait presque épuisé son énergie dans ses multitudes de petites tâches. Peu gourmands en soi, chacun des exercices avaient petit à petit drainé son énergie encore affaibli par ces années d'inactivité.

Tandis que la nuit tombait, il trouva la force d'aller chasser afin de se mettre un véritable repas sous la dent. Il ramena deux lapins assez dodus et les dévora tout deux le soir même. Il nota sur un petit carnet une sorte de régime à suivre pour les temps à venir. Puis enfin, relativement tôt il s'allongea, et sombra presque aussitôt dans le sommeil. Il se réveilla avant l'aube, le corps tout endolori, criblé de courbature. Mais bien décidé à reprendre le même entraînement que la veille. Il en alla ainsi, jour après jour, pendant trois autres longs mois...

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MessageSujet: Re: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   Jeu 11 Juil - 22:44

Trois mois et cinq jours plus tard exactement, au petit matin, une autre goutte glisse le long de la paroi de la grotte suivant un chemin sensiblement identique à celui d'une même goutte quelques temps plus tôt. Malgré quelques petites différences en raison des anfractuosités hasardeuses de la roche, la goutte arriva à la même stalactite et tomba, en direction de l'ermite dormant d'un sommeil profond. Même cette fois ci elle ne s'écrasa pas sur sa joue, l'ermite ouvrit les yeux alors qu'elle n'était plus qu'à une dizaine de centimètres de son visage et elle se vaporisa purement et simplement. L'ermite sourit, et dans un bond se mit aussitôt debout. Le jour était à peine levé mais il semblait plus en forme que jamais. Il avait une mine bien plus avenante qu'auparavant. Ses cheveux, se barbe et même son corps de façon globale étaient bien plus propres. Il n'avait plus de cernes, sa peau avait un teint plus hâlé, et un grain très soigné. Il s'étira rapidement avant d'entamer un copieux déjeuner à base de flocons d'avoine, de lait de chèvre que Tobias et Lionas lui avait apporté la veille, de pain et de fruits.

Ceci fait, alors que le soleil était enfin vraiment levé, il quitta sa grotte en courant. Ce n'était plus la course hasardeuse, lente et fatigante des premiers jours. L'homme semblait tout simplement voler sur le sol. Ses pieds touchaient à peine la terre, il rebondissait vraiment à chaque pas, tout en restant près du sol. Il esquivait avec aisance chaque branche, chaque buisson, chaque racines, chaque obstacle petit ou grand. Il passa très rapidement la petite clairière mais ne s'y arrêta pas, il la dépassa, et continua sa course folle à travers la jungle. Le vent sifflait à ses oreilles, le paysage défilait à toute vitesse. Il arriva devant une sorte de paroi rocheuse avec des petits étages haute d'une vingtaine de mètres qu'il escalada sans utiliser ses mains, simplement en sautant. Trois bonds furent suffisants pour grimper l'édifice. Arrivé en haut, il s'arrêta enfin. Il venait de franchir en une dizaine de minutes une distance pour laquelle, au début de son entraînement, il avait besoin d'une heure. De là haut, sur son rocher, il contempla la jungle, et ferma son visage face au soleil. Il respirait, mais très faiblement, transpirait peu, son cœur avait un rythme presque normal, son visage n'était pas rouge. Cet exploit surhumain semblait ne lui avoir coûté qu'un minimum d'énergie. Ouvrant de nouveau les yeux il constata avec une grande satisfaction les progrès effectués. Enfin, il reparti vers sa grotte, à la même vitesse.

Il arriva face au fleuve Numa, et il ne semblait toujours pas marqué de façon très conséquente par la fatigue, il du seulement reprendre un peu son souffle, mais n'eu pas besoin de s'asseoir et encore moins de s'allonger. Comme tous les jours depuis tout ce temps, il se déshabilla et plongea dans le Numa. Se déplacer dans l'eau n'était pas aussi rapide, mais on était loin de la nage hésitante des débuts. L'ermite n'était plus entraîné par le courant, fendant simplement les eaux du fleuve au gré des nages. Il plongea sous l'eau et y évolua pendant cinq bonnes minutes avant de remonter à la surface pour reprendre sa respiration. Puis, prenant son impulsion à une certaine profondeur, il nagea tellement vite qu'il se projeta hors de l'eau et atterrit à la bordure du fleuve. Il laissa le temps à ses vêtements de sécher et constata qu'il n'en était qu'au milieu de la matinée. Il se donna une simple demi-heure de pause avant de retourner à sa grotte pour aller chercher ses fameux bâtons.

Sur le bord du fleuve, il s'exerça jusqu'à midi, à deux bâtons, un bâton, à la lance, et même à mains nues. Tout ceci sans jamais prendre le temps de s'arrêter, ni de récupérer. Il enchaîna chaque exercice sans montrer de fatigue, ni de douleur dans les bras. Il frappait dans le vide, mais rien qu'à le voir ainsi se battre contre des adversaires invisibles on devinait tout de suite la puissance de l'ermite. A mains nues il enchaînait des figures redoutables, des mouvements d'arts martiaux à la fois rapides et complexes. Mais ces avec ses bâtons qui pouvaient se transformer qu'il montrait tout son talent. En tenant les deux bâtons, il bougeait si rapidement qu'un œil amateur n'aurait certainement pas pu discerner les mouvements. En formant son Gwun, les mouvements étaient plus lents, mais le bâton plus long tourbillonnait entre ses mains avec une force et une vitesse prodigieuse si bien qu'il produisait des sons caractéristiques d'un objet brisant l'air à grande vitesse. A la lance enfin, la vitesse était toujours ahurissante, et avec ce coté tranchant, les coups semblaient d'autant plus brutaux, d'autant plus dangereux. Puis, finalement, l'ermite planta sa lance noire dans le sol et s'assit un instant. Pour la première fois depuis le début de la matinée, il semblait être fatigué, essoufflé. Mais ce n'était pas grand chose, il n'était pas en train de pester sur ses faibles capacités. Au contraire, à voir son visage, on aurait dit qu'il se réjouissait des résultats obtenus.

Il rentra tranquillement à sa grotte, rangea les bâtons et déjeuna. Il avait là des morceaux de poulet, du pain, du maïs, du fromage et encore une fois des fruits. Après avoir dévoré tout ceci il alla plus profondément encore dans la jungle en courant aussi vite que le matin. Il s'enfonça assez loin car l'entraînement auquel il allait s'adonner maintenant nécessitait qu'aucun être humain ne se trouve dans le coin, il pourrait en tuer sans faire attention. Arrivé dans une portion de jungle particulièrement perdue et totalement débordante de végétation il s'arrêta jugeant l'endroit idéal. Il regarda à droite et à gauche, il ne sentait pas la moindre présence humaine aux alentours. Il s'éleva alors dans les airs, comme si de rien n'était, l'ermite volait. Il s'envola ainsi jusqu'à au moins trente mètres de haut et contempla encore une fois les alentours, s'assurant une dernière fois qu'il ne risquait pas de tuer quelqu'un. Puis enfin, il joignit ses bras en croix devant son torse et les paumes de ses mains se mirent à briller de lueur verte caractéristique de l'arcane.

- Starlight Regen !

Spoiler:
 

A peine eu-t-il prononcé le nom de son attaque que des centaines, non, des milliers de petites boules vertes fusèrent de ses paumes et vinrent frapper le sol en une énorme pluie. Chaque boule, entrant en contact avec le sol, créait une explosion d'arcane au souffle d'au moins trois mètres de large. La pluie dura à peine deux secondes, mais les boules d'arcane avait été envoyés par milliers, de partout des explosions prenaient naissance pour aussitôt s'éteindre et laisser la place à d'autre. Pendant trois secondes, l'ermite avait fait pleuvoir un déluge d'attaques meurtrières sur la zone. Lorsque la fumée se fut estompée, la jungle, sur un diamètre d'au moins 50 mètres avait été totalement annihilée. Il vint se poser au sol, la végétation était simplement brûlée, calcinée, morte et desséchée. L'attaque avait été redoutable, si bien que par endroits, la végétation avait carrément disparu, laissant une terre vierge. Il resta là un instant, comme en méditation, faisant en réalité le point sur ses réserves d'énergies. Il souri, satisfait, et leva les deux mains en l'air...il préparait déjà une deuxième attaque.

On ne pouvait pas vraiment la discerner, mais quelque chose d'énorme venait d’apparaître au dessus des mains de l'ermite. Et cette masse énorme rétrécissait lentement. Lorsqu'elle fut un peu plus petite, on pouvait commencer à comprendre de quoi il s'agissait, c'était une énorme quantité d'air que l'ermite venait d'enfermer dans une bulle. Et, petit à petit, il condensait cette quantité dans une sphère de plus en plus petite. Au bout d'une minute, l'air auparavant contenu dans une boule d'au moins dix mètres de large avait été condensé dans une sphère à peine plus grande que la paume de sa main. Ses doigts se refermèrent sur elle, il respira un grand coup.

- Aria Detonazione !

Spoiler:
 

Il relâcha la petite sphère qui fila comme un boulet de canon au centre de la plaine calcifiée, et explosa soudainement, libérant tout l'air qu'elle contenait. L'explosion fut dévastatrice. Le bruit se fit entendre à des kilomètres à la ronde, le souffle se propagea au delà de la plaine déjà anéantie, déracinant, détruisant, ou couchant toute la végétation que le souffle trouva sur son passage. Puis le calme revint, comme si de rien n'était. La poussière retomba peu à peu, montrant un paysage encore plus dévasté. Vue d'en haut, cette partie de la jungle ne ressemblait plus à grand chose. Un cercle au milieu d'une cinquantaine de mètres diamètre était dépourvu de végétation, et un cercle plus grand encore d'au moins quatre vingt mètre de diamètre arborait une forêt d'arbre déracinés ou couchés. Au milieu de tout ceci, un arbre bougea, et l'ermite apparu. Il n'était pas blessé, simplement recouvert de petites ecchymoses. Il riait à gorge déployée au milieu du carnage, apparemment amusé de sa propre maladresse de s'être trouvé aussi proche de l'épicentre de l'explosion.

Une fois avoir épousseté ses vêtements il sembla se concentrer et eu un air ravi. Il leva une seule main cette fois ci vers le ciel. Il ferma les yeux, il semblait patienter, mais préparait en réalité sa prochaine attaque. Le ciel était bleu, parfait, un grand soleil couvrait la région et pourtant, en quelques minutes, il changea. Des nuages arrivèrent de l'horizon, se déplaçant très rapidement, comme déplacé par une force inconnue. Ils étaient noirs, chargés d'électricité. Ils émirent les grondements sourds du tonnerre, mais pas un seul éclair ne vint frapper le sol. Le centre des nuages s'obscurcit de plus en plus, juste au dessus du milieu de la pleine détruite. Des éclairs commencèrent à zébrer le ciel, glissant sur les nuages tels de longs serpents de lumière, ils se dirigeaient tous vers le centre des nuages. Après cinq minutes de concentration, l'ermite ouvrit les yeux, et tout en abaissant violemment son bras annonça.

- Lightning Column !

Spoiler:
 

Soudain, un immense éclair, parfaitement cylindrique frappa le sol. Le choc créa un souffle puissant, mais faible en comparaison avec l‘attaque précédente. La lumière de l‘attaque envahit toute la zone et produisit un coup de tonnerre absolument ahurissant. Puis lentement, l‘éclair se dissipa et déjà dans le ciel les nuages s‘estompaient lentement. Au centre de la plaine, un trou béant avait été creusé par l‘éclair, on ne voyait même pas le fond de l‘ouverture béante. L‘ermite qui avait cette fois ci prévu de se tenir à l‘écart s‘approcha du bord, et regardant dans le fond il reprit son souffle. Ces toutes puissantes attaques l‘avait tout simplement épuisé, mais il lui restait juste assez d‘énergie pour en tester une dernière. Il recula à bonne distance du gouffre et prit encore un moment pour reprendre son souffle. Puis, ses bras se pliant sur le coté, les jambes légèrement, arquées, il se mit à crier. Le long de ses épaules, des flammes apparurent, et glissèrent le long de son corps pour toucher le sol. Le feu s‘étendit en cercle autour de lui avant de s‘élever dans les airs, prenant une forme plus précise.

- Fire Hölle !

Spoiler:
 

A ces mots, les flammes s‘unifièrent pour former une gigantesque géode feu au dessus de l‘ermite qu‘il tenait simplement dans paume. Dans un cri il l‘envoya devant lui, et le carnage fut complet. L‘explosion fut aussi impressionnante que les précédentes, les flammes chargées en magie achevèrent d‘anéantir les alentours. L‘explosion propagea un souffle chaud sur une très longue distance qui eu pour effet de flétrir la végétation, même éloignée de l‘épicentre. Au centre, un cratère avait été creusé, et un peu partout des brasiers brulaient allègrement sur ce qui restait d‘arbres morts. Non loin de là, l‘ermite se tenait toujours debout, les bras ballants, le regard un peu vide, la bouche ouverte et transpirant. Il tituba soudainement et tomba couché au sol les bras tendus. Mais il parti dans un grand rire. Ce qu‘il venait d‘accomplir n‘était pas rien, ces quatre attaques étaient parmi ses plus puissantes. Il y avait laissé toute son énergie mais il se savait désormais capable de les lancer de nouveau.

Son entraînement, au milieu de cette plaine morte, était terminé. L‘homme de la grotte était redevenu le guerrier d‘autrefois.

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MessageSujet: Re: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   Mer 17 Juil - 15:58

L'ermite s'était réveillé depuis quelques heures déjà. Il avait passé sa matinée à ranger ses affaires, la plupart des étagères étaient vides, un grand sac de voyages trônait au milieu de la grotte. Tout ce qu'il ne tenait pas à emmener avait été laissé là. Midi venait de sonner, et après un repas copieux i passa à la toute dernière phase de sa préparation.

Une semaine s'était écoulée depuis son dernier entraînement où il avait laissé parler toute la fureur de ses pouvoirs. Pendant quatre jours il avait presque été incapable de bouger vider de façon démesurée de toute son énergie. Quoiqu'il en soit, les jours passèrent et son état se rétablit lentement. Aujourd'hui était le jour de son départ, mais il lui restait encore une dernière chose à faire. Il alla vers le fleuve avec une bassine sous le bras, semblable à celle qu'il utilisait pour faire sa vaisselle. Il se déshabilla entièrement, dévoilant un corps à l'opposé de celui qu'i arborait trois mois plus tôt. Il avait beaucoup gagné de poids, au moins quinze kilos. Ses muscles autrefois atrophiés et à fleur de peau étaient gonflés et joliment dessinés sous une peau tendue et ayant retrouvé un teint bien plus hâlé. Lui si squelettique auparavant avait un physique rêvé d'athlète de haut niveau en pleine possession de ses moyens. Il s’immergea dans le Numa jusqu'à a taille, faisant flotter à côté de lui la bassine. A l'intérieur, il empoigna un gros bloc blanc, tirant par endroits sur le gris. Ce cube de matière glissante était un vieux morceau de savon, qui, à en constater par sa taille n'avait pas dû souvent être utilisé dernièrement. Il se frotta de haut en bas de savon, il se lava ainsi trois fois de suite, fit mousser son corps, sa barbe, ses cheveux, se libérant de toutes sa crasse, de ces années d'ermite.

Ce bain pris, il retourna à sa grotte, ne portant qu'une large serviette autour des hanches. Il s'assit face à son vieux miroir terni et fouilla encore dans la bassine qu'il avait remplie d'eau savonnée avant de partir. Il empoigna une paire d'épais ciseaux et coupa les tignasses lui servant de barbe et de chevelure. La tâche ne fut pas aisée, sa barbe était épaisse, nouée, sèche, mais petit à petit, tandis que le volume diminuait sur ses joues et que les poils couvraient le sol à ses pieds, sa barbe atteint un taille bien moins importante, on aurait dit une petite barbe de quelques jours. Il humidifia ses joues avec l'eau savonneuse contenue de la bassine et déplia un rasoir droit. Soulevant son cou, l'homme posa la lame du dangereux instrument sur sa gorge. Puis, d'un geste expert, il commença à se raser. Il avait le geste sûr, et rapide. Le son de la lame coupant le reste de poil se succédait en rythme avec le son que produisait la lame lorsqu'il la trempait dans l'eau. L'ermite continua de se faire beau ainsi pendant de longues minutes. Aussi parfait soit son geste, il ne s'était plus rasé depuis des années...dix ans en réalité. La barbe était sèche et dure, et bien que jamais il n'eut un faux geste, il entailla par deux fois sa peau qui n'était plus habituée à un tel traitement. Une fois ceci fait, il épongea son visage avec une serviette et se regarda un instant. Ses joues, son cou et les contours de sa bouche étaient encore blancs, ils prendraient rapidement des couleurs.

Il s'attaque ensuite à ses cheveux encore humide du précédent bain. Il les peigna longtemps, très longtemps, serrant les dents lorsque son vieux peigne rencontrait des nœuds trop résistants. Mais après vingt bonnes minutes d'acharnement et de patience, les cheveux de l'ermite étaient entièrement dénoués et semblaient particulièrement soyeux et propres. Reprenant ses ciseaux, il commença à couper ses cheveux, mais le traitement ne serait pas aussi radical que pour la barbe. Il avait toujours eu les cheveux longs, même avant de prendre la vie d'ermite. Aujourd'hui il désirait simplement apporter un peu plus de clarté et d'ordre dans cette cascade de cheveux trop longtemps laissée à l'état sauvage. L'entretien fut plus long encore que celui pour la barbe, l'homme jaugeant souvent de la précision de ses coups de ciseaux. Mais finalement il arriva à son but, reposant finalement les ciseaux, il se peigna une dernière fois, et passa enfin ses mains dans ses cheveux. Exactement comme il le souhaitait.

La toilette terminée, il ouvrit son coffre. Il en sortit tous les objets dont les deux bâtons avec lesquels il s'était entraîné jusque-là. Il y avait dans e lot une armure complète, en acier sombre, avec des décorations identiques à celles des bâtons. Il s'habilla donc, enfilant un short lui collant à la peau, et un sorte de combinaison intégrale le couvrant des chevilles, aux poignets et jusqu'au cou. Puis il se tourna vers l'armure, il posa une main sur elle à un endroit précis du plastron et l'armure s'anima. Chaque pièce se désassembla et flotta dans les airs face à l'ermite. Il les attrapa une par une et les enfila. Une pièce pour chaque cuisse, arrondie pour entourer les jambes et épaisse. Une autre pièce formant à la fois la botte, le protège tibia et la genouillère, le tout épousant la cuissarde posée auparavant. Le plastron, puis le protège bassin, les épaulettes ainsi que les pièces pour le bras, l'avant-bras et les gants et l'armure fut complète. Elle était sombre, finement ouvragée, et emplie de la même magie que les bâtons. Lorsque toutes les parties furent mises en place elles se soudèrent d'elles même les unes aux autres, formant une protection parfait des pieds au cou.

Il enfila en bandoulière une sacoche en cuir usée, témoignant d'une longue histoire. Elle était chargée de pansements, de remèdes, de plantes médicinales. Il y glissa aussi quelques cartes, son rasoir ainsi qu'un nécessaire à tabac. Sur ses épaules il y avait de fines attaches auxquelles il attacha une longue cape à capuchon. La cape était dans un tissu épais, mais noble, noire elle aussi. Il jeta son gros sac de voyages sur son dos et s'avança vers le bord de la grotte. Il s'arrêta cependant un instant, regardant ce lieu où il venait de passer les récentes années de sa vie. Dans un sourire, il tourna finalement le dos à ce lieu de réclusion et marcha vers le Fleuve Numa. Il avait décidé de le longer, c'était encore le moyen le plus rapide pour retourner à la civilisation.

Arrivé au bord du fleuve il contempla la surface de ce dernier s’écoulant paisiblement. Il avait observé ce même spectacle pendant des années pendant son ermitage en ce lieu. C’était une véritable page qui se tournait, un retour à la vie. Il s’assit sur son ponton, et plongea sa main dans sa sacoche. Il sortit son nécessaire à tabac, et se roula sans difficulté une épaisse cigarette. Il la porta à ses lèvres et l’alluma en produisant une petite flamme au bout de son index. Il aspira doucement, complètement, gonflant ses poumons, laissant son sang s’oxygéner en nicotine. Cela lui monta aussitôt à la tête avec une satisfaction énorme. Expirant la fumée ses lèvres dessinèrent un grand sourire. Il n’avait plus fumé depuis dix ans, le guerrier qu’il avait été était fumeur, mais il avait laissé tomber cette manie. S’en griller une de nouveau montrait un véritable retour en arrière, un retour aux sources. Au fond de lui, même si il savait que les épreuves à affronter risquaient d’être nombreuses et dangereuses, il était heureux, plus qu’il ne l’avait été ces dix dernières années. Il était un guerrier après tout, et avait toujours vécu ainsi.

- Qui va là ?

L’ermite se retourna pour voir Tobias et Lionas approchant à pas de loups. Tobias tenait sa hacher à la main, son regard était suspicieux, Lionas se tenait un peu en recul mais lui aussi tenait sa hache à la main. L’homme était heureux de les voir aussi méfiant, la preuve était faîte qu’il était absolument méconnaissable. Il se leva, gardant sa cigarette au coin de la bouche et s’approcha d’eux, tout à fait serein et chaleureux.

- Tobias, Lionas, ravi de vous voir aujourd’hui.

Tobias écarquilla de grands yeux en reconnaissant cette voix, Lionas en fit tomber sa hache avec un air de stupeur profonde. Tous deux savaient qu’ils étaient face à l’ermite, mais ce n’était plus le même. Ce n’était plus l’homme barbu et chevelu vêtu de haillons, ce n’était plus cet homme à la peau blanche vivant reclus depuis des années et semblant inoffensif. C’était un guerrier en armure, le teint hâlé, rasé de près, les cheveux flottant au vent, deux bâtons sombres attachés dans son dos.

- M’sieur l’ermite ?

- Celui la même mon petit.

Ce faisant, l’ermite ébouriffa les cheveux du jeune homme.

- J’ai décidé de revenir dans le grand monde, certaines choses que j’ai laissé en suspens et que je dois désormais régler. Vos visites furent, au long de ces années, un véritable plaisir, et je vous remercie de l’aide que vous m’avez occasionnellement apporté.

Sans autre cérémonie, face à l’incrédulité, l’homme se tourna, et commença son voyage en bordant le fleuve Numa. Il n’avait pas fait dix mètres qu’il entendit les pas de Tobias derrière lui. Il se retourna pour voir le visage enjoué de l’homme.

- Merci à vous pour votre présence ici, pour avoir fait fuir les monstres, car je suis sûr que c’est à vous que l’on doit ces disparitions et…

Tobias resta là un instant, n’osant trop dire à haute voix ce qu’il avait en tête.

- Je…je ne connais même pas votre nom.

L’homme se tourna vers lui avec un sourire et répondit énigmatiquement.

- Si autrefois on m’appelait Jaggerjack, je réponds aujourd’hui au nom de Shamyaza.

Ce faisant il posa sa main un instant sur l’épaule du bucheron, puis s’en alla comme si de rien n’était. Quand il fut à une dernière distance, tenant son sac d’une main, sa cape battant au vent, Lionas s’approcha de son père. Face à l’expression presque choqué de ce dernier il lui demanda.

- Père, que t’a-t-il dit ?

Il fallut à Tobias de reprendre à son souffle avant d’annoncer.

- Cet homme est une légende, beaucoup le croyait mort…il se battait autrefois pour la liberté contre les Déchus, il est l’un des derniers grand héros survivant de la guerre, Saladin Jaggerjack…non…Saladin Shamyaza…

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MessageSujet: Re: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   Mer 17 Juil - 18:01

Alors mon petit saladin <3 

Je ne sais pas trop par où commencer, alors je vais tout d’abords énoncer les points positifs. J'ai vraiment accroché sur la première partie de ton texte, je te l'ai déjà dis mais l'ambiance générale me fait penser vraiment à une histoire de myazaki, la forêt, l’Hermite, les deux personnage Tobias et Leonas, le rapport qu'entretien le personnage avec la nature... J'ai trouvé beaucoup de similitude et ça a rendu la lecture très agréable. Les descriptions sont riches et approfondies. 
J'ai beaucoup apprécié la découpe du texte, les paragraphes avaient des tailles correctes, les dialogues n'étaient pas prédominants. Le vocabulaire est riche mais j'aurais aimé qu'il le soit encore plus (évidement ... Razz), avec des mots spécifique à l'époque dans lequel le personnage évolue, surtout pour les matériaux et les objets.
Je suis moins fan des deux parties spécifique à l'entrainement (avant/après), même si elles sont justifiées dans ton histoire. La répétition fait que l'on a envie de sauter des paragraphes. Il aurait peut-être fallu installer une tension, un suspens (aucune idée de comment faire par contre XD).
J'aurai aimé aussi comprendre mieux l'aspect psychologique de ton personnage, c'est peut-être intentionnel mais il est vrai que le récit n'apporte que très peu de chose sur les pensées ''instantanées" de ton personnage, de comment il réagit par rapport à la perte de ses capacités physiques .... etc

J'ai bien aimé la fin, elle est claire et j'ai déjà dit que j'appréciais beaucoup les deux pnj que tu as installé dans ton récit. 

Très peu de fautes d'orthographes (largement moins que dans mes textes en tout cas ^^'). 

Voilà, pour ce joli texte et cette remise en route tu gagne donc 8 points d’expérience, (ceux que tu perds sont du à la longueur du texte ainsi qu'au fait que c'est un texte solo, donc plus simple à mettre en place qu'un texte à plusieurs, plutôt qu'aux remarques que j'ai faites qui sont plutôt là pour t'apporter un regard extérieur).

RAPPEL :  SUJET RESTE OUVERT PENDANT UN MOIS
Cela pour permettre à tout les membres du forum de venir commenter (pas de remarque blessante, que des remarques constructives bien entendu...) cette histoire Smile


EDIT : XP distribué

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MessageSujet: Re: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   Dim 28 Juil - 13:01

Comme personne n'a trop envie de s'exprimer je clôture le sujet.

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MessageSujet: Re: [SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]   

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[SOLO] Autrefois il s'appelait Jaggerjack, mais aujourd'hui... [Terminé]
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